Une approche minimaliste ?

Les fondements

La Wicca est une religion néo-païenne, protéiforme, constituée d’un ensemble de traditions parfois très éloignées les unes des autres: vénération d’une ou plusieurs divinités, pratique de la magie, croyance en la réincarnation, etc. Après avoir lu plusieurs livres et articles sur le sujet, j’en suis venue à penser qu’il existe une base commune aux traditions actuelles, une sorte d’essence de la Wicca moderne.

Le conseil

Fais ce que tu veux, tant que tu ne nuis à personne.

Auteur·trice inconnu·æ

Cette philosophie, suffisamment connue pour être reprise dans différentes œuvres de pop-culture (Charmed, SorCellerie…), est sujette à de nombreuses interprétations. Des wiccans vegan à celleux réuni·æs pour jeter des sorts à Donald Trump, on peut reconnaître des valeurs communes: la défense des droits humains, le bien-être animal et une sensibilité écologique. Certain·æs considèrent qu’il est légitime de nuire à une personne morale ou physique si elle-même possède un plus grand pouvoir de nuisance, là où d’autres ne peuvent accepter l’idée de causer le moindre tort. Pour ma part, je considère qu’il est de mon devoir d’éviter de profiter de l’exploitation des autres autant que possible; de faire attention à mes privilèges et des moments où j’en jouis. Je fais également en sorte de ne pas avoir de mauvaise influence sur la vie des personnes m’entourant.

Le divin

La Wicca est une religion de théorie panthéiste/déiste avec une pratique monothéiste ou polythéiste : si les pratiquant·æs s’adressent à une ou des divinités durant les rituels, ces entités  ne sont que les avatars d’une Nature divine, omniprésente et sans personnalité. L’intérêt de ces intermédiaires pour l’adepte est d’appréhender plus facilement les différents mécanismes sous-jacents au monde connu : la mort, la reproduction, les loi physiques permettant notre existence et celles des fléaux que nous subissons, etc. L’accent dualiste de certaines traditions n’est que l’héritage d’une époque essentialiste où la non-binarité de genre et l’intersexuation n’existaient pas dans les médias. Seuls un ou plusieurs avatars sont nécessaires, permettant aux adeptes de l’Ancienne Religion une relation plus personnelle avec l’univers, principalement par le biais des rituels et cérémonies.

Less, is more

Encombrer sa croyance d’éléments non-essentiels, c’est prendre le risque d’empiéter sur la raison, se retrouver en dissonance cognitive, se mettre en danger. Si l’existence d’une divinité reste une question insolvable, l’efficacité des vaccins et de la médecine scientifique sont prouvées et facilement vérifiables contrairement à celle des charmes de soins. Rester sur les bases de la Wicca permet de rester libre, de découvrir et réinventer la forme de sa pratique pour l’harmoniser avec une esthétique qui nous convient. Plus encore, cela nous donne le temps de réfléchir en profondeur à notre croyance, d’intellectualiser et interroger la philosophie et l’éthique qui en découlent, d’éviter de s’enfermer dans un dogmatisme réactionnaire et coupé de la réalité.